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QUELQUES POEMES DE CHEZ NOUS

Un peu de poésie pour vous apporter le réconfort de paroles douces et jolies qui sont le sucre de la vie.

Chaque mois, un poème, de Jean-Joseph RABEARIVELO vous sera proposé, et vous apportera les paroles de celui qui fut imprégné du « sang » de la terre malgache.

rabearivelo.jpg (1765 octets)Jean-Joseph RABEARIVELO est un poète malgache, Hova, né en 1901 et mort en 1937 qui nous a laissé une œuvre magnifique caractérisée par une maîtrise de la langue, un sens esthétique incomparable, un instinct du rythme originel, l’accent pénétrant de la race malgache, la mélodie, la couleur et le parfum des Hautes Terres. Son œuvre poétique se compose des œuvres suivantes : Presque-Songes, Traduit de la Nuit, Vieilles chansons des pays d’Imerina.

Aujourd’hui deux poèmes :

Extrait de
NADIKA TAMIN’NY ALINA
,

Kintana jaky iray
Mandroso eo anatin’ ny halalin’ny lanitra –

Voninkazo sa inona, mivelatra eo amin’ ny tanin’ ahitry ny alina ?
Mandroso, mandroso,
Dia toa zary papango alefan’ankizy matory.

Toa sady manatona no manalavitra,
Very loko hoatry ny voninkazo kilofika,
Tonga zavona, tonga fotsy, mihakely :
Tsy  inona intsony fa lahan-diamondra,
Manatriatra ny fitaratra mangan’ny tendron’ny hany
Izay ahitana sahady ny fanodoka
Be voninahitry ny maraina tonga taona.

Extrait de Presque-Songes, un poème qui s’applique à tous ceux qui gardent au fond du cœur la nostalgie d’un pays et d’un peuple qui hantent toujours nos rêves.

FIEVRE DES ILES

Le soleil s’est-il brisé sur ta tête
pour que tu sentes ses éclats s’enfoncer
dans l’arbre qui soutient ton dos,
puis vriller à sec dans les branches de ton corps ?
Ton crâne est un énorme fruit vert que mûrit
La canicule de tous les Tropiques –
De tous les Tropiques, mais sans la fraîcheur
De leurs palmiers ni de leur brise marine !

Ta gorge est sèche, tes yeux s’enflamment ;
Et voici que tu vois, au-delà de ce que voient les hommes,
Tous les Tropiques :
Voici des makis parés comme des mariés ;
Leurs quatre mains sont chargées de régime de bananes,
Et chargées de fleurs jamais vues par ceux qui ne sont pas des gens
Et, parmi leur voix heureuse de se baigner au soleil,
Voici tout le tumulte des cascades.

Mais, simultanément,
Est-ce la glace de la terre qui t’appelle
Qui déjà  t’enveloppe tout entier,
Pour que tu sentes ce frisson à travers tout ton être,
Et pour que tu sembles vouloir te cacher sous les nuages du ciel
Et sous toutes les feuilles des sylves insulaires,
Et sous toutes leurs lourdes brumes,
Et sous les dernières pluies au parfum de lait brûlé.

Scelle fortement tes lèvres afin que n’en sorte
Aucune des choses que tu voies,
Mais que ne voient pas les autres !
Que te berce cet écho qui s’amplifie
Dans tes oreilles,
Lesquelles sont devenues deux coquillages jumeaux
Où palpite la mer qui t’entoure,
O jeune enfant des îles.