QUELQUES POEMES DE CHEZ NOUS
Un peu de poésie pour vous apporter le réconfort de paroles douces et jolies qui sont le sucre de la vie.
Chaque mois, un poème, de Jean-Joseph RABEARIVELO vous sera proposé, et vous apportera les paroles de celui qui fut imprégné du « sang » de la terre malgache.
Jean-Joseph RABEARIVELO est un poète malgache, Hova, né en 1901 et mort en 1937 qui nous a laissé une uvre magnifique caractérisée par une maîtrise de la langue, un sens esthétique incomparable, un instinct du rythme originel, laccent pénétrant de la race malgache, la mélodie, la couleur et le parfum des Hautes Terres. Son uvre poétique se compose des uvres suivantes : Presque-Songes, Traduit de la Nuit, Vieilles chansons des pays dImerina.
Aujourdhui deux poèmes :Extrait de
NADIKA TAMINNY ALINA,Kintana jaky iray
Mandroso eo anatin ny halalinny lanitra
Voninkazo sa inona, mivelatra eo amin ny tanin ahitry ny alina ?
Mandroso, mandroso,
Dia toa zary papango alefanankizy matory.
Toa sady manatona no manalavitra,
Very loko hoatry ny voninkazo kilofika,
Tonga zavona, tonga fotsy, mihakely :
Tsy inona intsony fa lahan-diamondra,
Manatriatra ny fitaratra manganny tendronny hany
Izay ahitana sahady ny fanodoka
Be voninahitry ny maraina tonga taona.Extrait de Presque-Songes, un poème qui sapplique à tous ceux qui gardent au fond du cur la nostalgie dun pays et dun peuple qui hantent toujours nos rêves.
FIEVRE DES ILES
Le soleil sest-il brisé sur ta tête
pour que tu sentes ses éclats senfoncer
dans larbre qui soutient ton dos,
puis vriller à sec dans les branches de ton corps ?
Ton crâne est un énorme fruit vert que mûrit
La canicule de tous les Tropiques
De tous les Tropiques, mais sans la fraîcheur
De leurs palmiers ni de leur brise marine !
Ta gorge est sèche, tes yeux senflamment ;
Et voici que tu vois, au-delà de ce que voient les hommes,
Tous les Tropiques :
Voici des makis parés comme des mariés ;
Leurs quatre mains sont chargées de régime de bananes,
Et chargées de fleurs jamais vues par ceux qui ne sont pas des gens
Et, parmi leur voix heureuse de se baigner au soleil,
Voici tout le tumulte des cascades.
Mais, simultanément,
Est-ce la glace de la terre qui tappelle
Qui déjà tenveloppe tout entier,
Pour que tu sentes ce frisson à travers tout ton être,
Et pour que tu sembles vouloir te cacher sous les nuages du ciel
Et sous toutes les feuilles des sylves insulaires,
Et sous toutes leurs lourdes brumes,
Et sous les dernières pluies au parfum de lait brûlé.
Scelle fortement tes lèvres afin que nen sorte
Aucune des choses que tu voies,
Mais que ne voient pas les autres !
Que te berce cet écho qui samplifie
Dans tes oreilles,
Lesquelles sont devenues deux coquillages jumeaux
Où palpite la mer qui tentoure,
O jeune enfant des îles.